Mardi, 11 Décembre 2018
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Dura lex sed lex
La loi est dure mais c'est la loi
             

DÉCISION N°009 DU CONSEIL NATIONAL DE LA PRESSE DU 07 SEPTEMBRE 2017

Décision N°009 du 07 septembre 2017 Portant sanction applicable au bi-hebdomadaire Vip Mag, édité par l’entreprise de presse Les Editions Le Réveil

Le Collège des Membres du Conseil National de la Presse,  

Vu la Constitution ;  
Vu la loi N°2004-643 du 14 décembre 2004 Portant Régime Juridique de la Presse telle que modifiée par l’ordonnance 2012-292 du 21 mars 2012 ;
Vu le décret N°2006-196 du 28 juin 2006 Portant Organisation et Fonctionnement du Conseil National de la Presse tel que modifié par le décret N°2012-309 du 11 avril 2012 ;
Vu     le Code de Déontologie du journaliste ivoirien.

Après en avoir délibéré en sa séance du 07 septembre 2017,

Article 1 : Constate 
1) Que le bi-hebdomadaire Vip Mag a publié aux Unes de ses éditions du 31 juillet au 02 août 2017 et du 03 au 07 août 2017, les titres qui suivent: « Relations sexuelles interdites/ Pères et Filles, Mères et fils : Ils racontent comment ils font l’amour entre eux/ Des confidences pleines de sensualité sur ces ébats incestueux » et « Pratiques Macabres dans les Maquis et Restaurants/ Des menstrues dans les sauces, du sperme mélangé à l’attiéké, de l’urine dans le café… Les graves révélations d’employés et de clients choqués » ;
2) Que l’article qui développe l’édition du 31 juillet au 02 août 2017 sous le titre : «Relations sexuelles interdites/ Pères et Filles, Mères et fils : Ils racontent comment ils font l’amour entre eux/ Des confidences pleines de sensualité sur ces ébats incestueux », est publié aux pages 2 et 3 sous la plume de  S.J.M ;
3) Que dans cet article, l’auteur rend compte de relations sexuelles interdites entre membres de même famille ;
4) Que pourtant, sous le prisme de rendre compte de relations incestueuses ou contre-nature entre membres de même famille, l’auteur en vante par moments, les plaisirs ;
5) Que les extraits ci-après en témoignent «  (…) des confidences pleines de sexualité sur ces ébats incestueux… Alors papa met enceinte sa fille à force de la « bombarder », maman prend du bon temps avec son fils chéri, le frère et la sœur se livrent à des ébats torrides. Pour le septième ciel » ;
6) Que s’agissant de l’édition du 03 au 07 août 2017, elle publie, l’article intitulé : « Pratiques Macabres dans les Maquis et Restaurants/ Des menstrues dans les sauces, du sperme mélangé à l’attiéké, de l’urine dans le café… Les graves révélations d’employés et de clients choqués » ;
7) Que dans cet autre article, un dossier paru sous la plume de Eustache Gnaba, il est fait état de pratiques macabres observées dans les maquis et restaurants en vue d’attirer la clientèle et faire du profit ;
8) Que l’auteur présente les Maquis et Restaurants en Côte d’Ivoire comme des lieux où règnent ces pratiques macabres et mystiques;
9) Que cet article est essentiellement conçu à partir de témoignages de tiers qui n’auraient pas vécu, par eux-mêmes, les faits rapportés;
10) Que les extraits suivants en témoignent : « "Les midis, nous étions débordés…Même quand il y avait pas de place, les clients préféraient attendre que des personnes libèrent une table. Pourtant dans la zone, il y avait d’autres maquis qui faisaient à manger aussi. Mais on ne comprenait pas pourquoi c’est chez nous seulement que les gens venaient manger". Marguerite et ses collègues comprendront tout, le jour que l’une d’elle a surpris la patronne assise, toute nue, sur une des marmites qui servent à préparer les repas. "Un jour, nous avons constaté qu’une de nos collègues ne venait plus au travail. La patronne nous avait fait croire qu’elle avait trouvé un autre boulot. Or, il se trouve que cette fille, qui habite le quartier où se trouve le maquis, a surpris la patronne,  à l’aube, assise sur une des marmites. C’est elle qui balaie avant que tout le monde n’arrive. Ce jour là, elle voulait le faire assez vite, donc elle est arrivée très tôt au travail…"C’est là qu’elle a découvert ce qu’elle ne devait pas voir", raconte notre interlocutrice. Que faisait sa patronne sur cette marmite ? Selon la jeune femme, la tenancière du maquis déversait ses menstrues dans cette marmite, pour sacrifier un rituel qui permet à son business de prospérer. Cette information, elle dit l’avoir eu en interrogeant une habitante du quartier. Depuis, elle a décidé de ne plus travailler dans ce maquis. Informée par sa copine, Marguerite a, elle aussi, quitté le maquis pour se consacrer à son commerce de galettes».
11) Que de plus, l’auteur, sans réserve, présente tous les lieux de restauration en Côte d’Ivoire comme des lieux où s’exercent ces  procédés macabres et mystiques ;
12) Que le journaliste, sans investigation rigoureuse, se livre à des conclusions hâtives en évoquant la dangerosité de ces espaces gastronomiques sur la santé des consommateurs et invite à les éviter;

Article 2 : Relève
1) Que, dans différentes éditions, le bi-hebdomadaire Vip Mag a publié des articles qui rendent compte de faits contraires aux bonnes mœurs et à la morale ;
2) Que d’une part, dans l’édition du 31 juillet au 02 août 2017, le journal traite de relations sexuelles incestueuses entre membres de même famille, en mettant en exergue les plaisirs et sensations y résultant ;
3) Que ce traitement de l’information, plutôt que de dénoncer ces pratiques sexuelles incestueuses, en vante les mérites et en fait l’apologie ;
4) Que si ces pratiques incestueuses peuvent exister dans les sociétés humaines, il ne revient pas au journaliste, en raison de la responsabilité sociale qui est la sienne, d’en faire les éloges ou l’apologie;
5) Que d’autre part, le bi-hebdomadaire Vip Mag, dans l’édition du 03 au 07 août 2017, fait état de pratiques macabres et mystiques observées dans les lieux de restauration en Côte d’Ivoire ;
6) Que l’auteur, sans se fonder sur une étude scientifique à même de préciser le pourcentage de restaurants et autres lieux de restauration adeptes de ces pratiques macabres et mystiques, indexe l’ensemble des lieux de restauration de Côte d’Ivoire. 
7) Que pourtant, les usages de la profession commandent qu’en l’absence de preuves, les écrits soient mesurés, prudents et de bonne foi ;
8) Que ne pas observer cette démarche dans le traitement de l’information, c’est jeter le discrédit sur toute la corporation des restaurateurs et faire de la mauvaise publicité au secteur culinaire ivoirien ;
9) Qu’en somme, ces articles, outre le fait de dénoncer des situations immorales, contiennent des manquements au Code de déontologie ;
10) Que ledit Code recommande, en son article 14 au journaliste, de s’abstenir de toute atteinte à l’éthique sociale et aux bonnes mœurs ;
11) Qu’en raison de la gravité de ces écrits et surtout de leur impact négatif sur les espaces de restauration en Côte d’Ivoire,  le Conseil s’est autosaisi. 

Article 3 : Rappelle
1) Que le bi-hebdomadaire Vip Mag est coutumier d’écrits portant atteinte à l’éthique sociale et aux bonnes mœurs;
2) Que le CNP en veut pour preuves les courriers d’interpellations 0425 et 0426/CNP/DJ du 05 avril 2017 pour les articles respectivement intitulés : « Diane Ouattara/ La patronne des lesbiennes de Côte d’Ivoire, parle/ Bientôt le Mariage Homo en CI/ Nous avons des célébrités avec nous/ Voici les enfants des stars ivoiriennes devenus Gays et Lesbiennes » et « Dans l’univers du porno en Côte d’Ivoire, tout sur les castings et lieux de tournage à Abidjan, acteurs et actrices se dévoilent… » ;
3) Qu’en outre, l’auteur Moriba Soumahoro dit S.J.M, Directeur de publication, Rédacteur en chef de Vip Mag et auteur de l’article du 31 juillet au 02 août 2017, a déjà fait l’objet d’une suspension d’écriture par décision N°067 du 07 avril 2016 du CNP suite à la publication d’articles similaires.

Article 4 : Décide, en conséquence, de ce qui précède 
1) La suspension du bi-hebdomadaire Vip Mag, pour quatre (4) parutions, conformément aux articles 38, 47 et 70 de la loi N°2004-643 du 14 décembre 2004 portant régime juridique de la presse telle que modifiée par l’ordonnance 2012-292 du 21 mars 2012 ainsi que de l’article 18 du décret N°2006-196 du 28 juin 2006 Portant organisation et fonctionnement du Conseil national de la presse tel que modifié par le décret N°2012-309 du 11 avril 2012.
2) L’entreprise de presse Les Editions Le Réveil, éditrice du bi-hebdomadaire Vip Mag, dispose d’un délai de trente (30) jours, à compter de la notification de la présente décision, pour saisir la Chambre administrative de la Cour Suprême.

Article 4:
Il est fait défense à tout imprimeur, d’imprimer sous quelque forme que ce soit (édition spéciale ou autre), le bi-hebdomadaire Vip Mag pendant la durée de la mesure de suspension.

Article 5 :
La présente décision, qui prend effet, dès sa notification au représentant légal de l’entreprise de presse Les Editions Le Réveil, sera publiée au Journal Officiel de la République de Côte d’Ivoire.

Fait à Abidjan, le 07 septembre 2017

Pour le CNP

Le Président
Raphaël LAKPE







 
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