Mardi, 23 Octobre 2018
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Dura lex sed lex
La loi est dure mais c'est la loi
             

20e EDITION-JOURNEE MONDIALE DE LA LIBERTE DE LA PRESSE

PARLER SANS CRAINTE : ASSURER LA LIBERTE D'EXPRESSION DANS TOUS LES MEDIAS
Sous-thème :« Comment renforcer la liberté d'expression et la responsabilité de tous
les acteurs des médias en Côte d'Ivoire ?»

Introduction
Nous sommes réunis, ici à la Maison de la Presse, pour célébrer la 20ème édition de la journée
mondiale de la liberté de la presse à l'instar de tous les pays membres de
l'UNESCO.

Le thème général choisi par
cet organisme cette année est PARLER SANS
CRAINTE : ASSURER LA LIBERTE D'EXPRESSION DANS TOUS LES MEDIAS.

Sur cette base, il  nous a été demandé d'exposer sur le
sous-thème suivant:« Comment
renforcer la liberté d'expression et la responsabilité de tous les acteurs des
médias en Côte d'Ivoire ?».
Sur ce sujet, nous voudrions que l'on nous pardonne d'être bref
et concis. Dans tous les cas, nous n'aurions pas pu faire autrement puisque le
temps qui nous a été accordé pour réfléchir sur cette question a été lui-même
très court.

C'est pourquoi, très rapidement,
nous disons que pour renforcer la liberté d'expression et la responsabilité de
tous les acteurs des médias en Côte d'Ivoire, il faut faire, entre autres, cinq
choses :

-     Améliorer le cadre juridique et
institutionnel des médias

-     Renforcer la diversité de l'offre éditoriale

-     Restaurer les infrastructures médiatiques

-     Encourager le crédit bancaire au secteur des
médias

-    Faire bon usage de la liberté
d'expression  

1-   Améliorer le cadre juridique et institutionnel
Il est de notoriété publique que notre pays, la Côte d'Ivoire, a ratifié les instruments régionaux et internationaux relatifs à la liberté d'expression. Ce choix des autorités gouvernementales se traduit par l'option du régime déclaratif de la presse.
Cela signifie qu'aucune publication n'est soumise à aucune autorisation préalable.
Toutefois, il faut souligner que cette publication demeure le produit d'une
entreprise, soumise elle, aux règles et procédures administratives qui régissent l'activité commerciale dans le pays.

Par ailleurs, toute peine privative de liberté est exclue pour les délits de presse, à l'exception des incitations aux crimes par voie de presse énumérées à l'article 69 de la loi portant régime juridique de la presse de décembre 2004.
La liberté d'exercer dans le secteur de la presse et la « dépénalisation » des délits de presse, font de la Côte d'Ivoire un modèle de pays favorable à la liberté de la presse.
Mais, à ces avancées qui font la fierté des journalistes et autres professionnels des médias, il faut ajouter la mise en place d'un cadre institutionnel complet qui devrait permettre une jouissance parfaite des libertés, au profit de la nation.
Nous voudrions saluer, ici, le Gouvernement pour sa constante sollicitude et pour sa contribution remarquable dans les progrès réels constatés dans le secteur, par le biais du ministère de la Communication.
Quant aux valeurs éthiques et professionnelles exigées dans l'exercice du journalisme et des activités connexes de la communication, elles sont surveillées comme de l'huile sur le feu et garanties par les organes de régulation et d'autorégulation des médias que sont la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA), le Conseil National de la Presse (CNP), le Conseil Supérieur de la Publicité (CSP) et l'Observatoire de la Liberté de la Presse, de l'Ethique et de la Déontologie (OLPED).
Toutefois, une loi fixant les modalités d'accès pour tous les citoyens à l'information publique reste une nécessité, en dépit des gros efforts du Centre Ivoirien de Communication Gouvernemental (CICG).
A cet effet, sommes-nous informé, le ministère de la Communication travaille actuellement à l'élaboration d'un avant-projet de loi qui va favoriser la communication des informations publiques et institutionnelles pour tous. Ainsi, les journalistes
ne devraient plus avoir à se plaindre de la rétention de ce type d'informations. De même, les fonctionnaires n'auront pas d'excuses valables pour se cacher derrière le prétexte de l'absence d'autorisation hiérarchique pour refuser de livrer des secrets de polichinelle.

Par ailleurs, l'action du cadre institutionnel n'en sera que renforcé davantage si les organisations de la société civile travaillent en forte synergie avec les acteurs du monde des médias.
Cela nous amène à penser à la nécessité de renforcer la diversité de l'offre médiatique.

2-   Renforcer la diversité de l'offre médiatique
Le paysage médiatique ivoirien, déjà très diversifié, s'est davantage enrichi avec l'essor prodigieux des technologies de l'information.
Les médias, faut-il le rappeler, ne se limitent pas à ceux que l'on nomme les médias classiques, à savoir la radio, la télévision et la presse. Aujourd'hui, il faut compter avec tous les autres moyens de communication et de diffusion des informations que sont la télédiffusion par satellite, l'internet, le téléphone mobile, le cinéma et même les affiches et autres panneaux informatifs.
Il faut se rendre à l'évidence que le paysage médiatique ivoirien s'est enrichi de fait par des télévisions et des radios en ligne, plus ou moins  clandestines, à côté des journaux en ligne et des agences de presse qui diffusent des nouvelles par SMS.
Ces nouveaux médias doivent s'inscrire dans la légalité, tandis que l'Etat doit veiller à mettre en place un environnement juridique et économique favorable à leur épanouissement. Ceci dans le but de satisfaire les besoins d'information des populations.
Mais cela ne va pas sans la restauration des infrastructures médiatiques.

3-   Restaurer les infrastructures médiatiques
S'agissant des infrastructures, il faut admettre que la Côte d'Ivoire est l'un des pays les mieux digitalisés de la sous-région avec cinq opérateurs de téléphonie de pointe (Côte d'Ivoire télécom, Orange, MTN, MOOV, Comium), et des installations de télécommunication qui permettent à tout citoyen d'avoir un accès illimité au réseau international de communication entre les ordinateurs du monde entier.
Ce sont là des atouts très importants dans l'évaluation de la liberté d'expression. L'accès à Internet auquel nous faisons ainsi allusion est totalement libre car les sites web et les blogs se créent à foison, faisant toutefois planer la menace de la prolifération des dérapages liés à la trop grande liberté sur la Toile. Il y a donc urgence à mener les réflexions sur les moyens de réguler la presse en ligne et les systèmes d'information par SMS.
Hier, la RTI assurait la couverture de l'ensemble du territoire avec bonheur mais après une série de crises militaro-politiques survenues, son réseau d'émetteurs, bâti pendant des décennies, a subi d'importants dommages. Toute chose qui met la télévision de
service public devant un double défi, celui de réhabiliter ses infrastructures et celui de faire sa mise à jour, face aux exigences de la technologie numérique qui évolue à une vitesse vertigineuse.
A l'heure de l'économie du numérique, du digital, nous avons un grand défi à relever, celui de ne pas être encore en retard de développement. De ce fait, qui dit développement dit octroi de moyens financiers. D'où la nécessité d'encourager le crédit bancaire aux
médias.

4-   Encourager le crédit bancaire aux médias
Sur le plan du cadrage macroéconomique des médias, ceux-ci exercent sous le principe économique du ''laisser-faire'', c'est-à-dire de la libre entreprise. Malheureusement, le financement du secteur demeure encore confiné aux subventions étatiques ou aux ressources financières glanées dans l'environnement des instances politiques. Il faut le rappeler, l'exonération fiscale et douanière dont bénéficient le secteur de la presse tire à sa fin. Il faut s'en souvenir et aviser.
Nombre d'entreprises de médias évitent soigneusement d'emprunter auprès du  secteur bancaire et financier privé, tandis que celui-ci regarde ce secteur avec méfiance, en raison des dérapages fréquents dans les contenus médiatiques et le déficit de transparence dans la gestion financière.
Pour contribuer à relever ces défis, le CNP a entrepris une vaste opération d'évaluation de la gouvernance des entreprises de presse. Il a fixé un délai butoir avant de statuer sur la conformité de celles-ci aux dispositions légales à impact direct sur l'économie des médias.
Ceci vise, à terme, à protéger les acteurs eux-mêmes et à assurer la pérennité de leurs structures, toutes choses qui concourent à les libérer du diktat des politiques. Quitte à
eux de faire bon usage de leur liberté de parler ou d'écrire.

5-   Faire bon usage de la liberté d'expression 
L'exercice de la liberté de la presse en Côte d'Ivoire a été marqué, depuis le printemps de la presse, par une escalade de dérapages.
La manipulation de l'information à des fins partisanes et bien de délits de presse ponctuent, hélas, la liberté accordée aux médias par la législation.
Toutefois, les organes d'encadrement des médias avec les Organisations professionnelles poursuivront sans relâche la sensibilisation et, si nécessaire, prendront des sanctions, afin de professionnaliser le secteur. 
Car, la pérennité des médias et leur crédibilité dépendent dans une large mesure du bon usage qu'ils font de la liberté d'expression. Ils doivent mériter leur mission d'utilité
publique.

Conclusion
Au regard de ce qui précède, il faut reconnaître que la liberté d'expression est effectivement promue en Côte d'Ivoire.
Il reste toutefois à favoriser le libre accès de tous les citoyens à l'information publique
par :

-     L'accélération de la libéralisation du
secteur de la télévision ;

-     Le renforcement des capacités de la RTI à
couvrir l'intégralité du territoire national ;

-     L'application effective de la convention
collective ;

-     L'octroi d'une plus grande possibilité aux radios de proximité de diffuser des programmes d'information, notamment en langues nationales, au bénéfice des citoyens en zones rurales.

-     La sensibilisation de tous à la nécessité de préserver les infrastructures et les outils de production des médias

-     L'amélioration des mécanismes de protection de l'intégrité physique des acteurs des médias

-     L'éducation des publics aux médias
Car des médias libres et responsables restent, pour nous tous, un gage et un signal fort de la volonté collective de promouvoir la gouvernance démocratique, le respect des droits humains, le progrès individuel et collectif et la modernisation de notre nation.

C'est notre conviction et, nous croyons, celle de tous les militants de la liberté responsable des médias en Côte d'Ivoire depuis le printemps de la presse.

Merci pour votre
attention !










 
CONSEIL NATIONAL DE LA PRESSE (CNP)
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