Dimanche, 21 Octobre 2018
  Accueil  | Contacts |  Favoris |
Dura lex sed lex
La loi est dure mais c'est la loi
             

DECISIONS N°02 DU CONSEIL NATIONAL DE LA PRESSE DU 15 MARS 2012

DECISION N°02 DU CONSEIL NATIONAL DE LA PRESSE DU 15 MARS 2012
Le Collège des Membres du Conseil National de la Presse,
Vu la Constitution ; 
Vu la Loi N° 2004-643 du 14 décembre 2004 Portant Régime Juridique de la Presse ;
Vu l'Ordonnance n°2011-007 du 14 avril 2011 portant annulation
d'actes réglementaires et individuels ;
Vu le Décret N° 2006-196 du 28 juin 2006 Portant Organisation et Fonctionnement du Conseil National de la Presse ;
Vu le Code de Déontologie du Journaliste Ivoirien ;
Après en avoir délibéré en sa séance du 15 mars 2012 ; 
Article 1 : Constate
1) Qu'à la Une de son édition N°168 du mardi 13 mars 2012, le quotidien Aujourd'hui a affiché: « Mise en place de l'A.N /Guillaume Soro à la tête d'un parlement "Wouya-Wouya" ;

2) Qu'à la page 12 de cette édition, dans sa rubrique "Questions d'actualité", la publication d'une réaction intitulée « Une intelligence assassine à l'assemblée nationale » et signée de Nessemon Daniel Suspe a retenu l'attention du CNP ;

3) Que le CNP y a relevé les passages suivants : « ...des cambrioleurs et assassins sont d'abord nommés commandants et généraux avant de retourner au cours primaire le soir. Tout cela sur la base de leur appartenance ethnique avec l'autre d'une part et selon la procédure de « rattrapage ethnique». Rien n'étonne plus que l'on veuille présenter l'intelligence assassine d'un Soro à la hauteur culturelle d'un Yacé Phillipe, d'un Konan Bédié ou d'un Mamadou Koulibaly. Le boucher d'Abidjan est bien décidé à transformer la Côte d'Ivoire en une république bananière dirigée par des cancres armés. Avec Dramane, la Côte d'ivoire a basculé de 50 ans en arrière et elle continuera sa régression applaudie par une moutonnerie en liesse » ;

Article 2 : Considérant
1) Que le titre à la Une est insultant pour l'Assemblée Nationale, la seconde institution politique de la Côte d'Ivoire ;

2) Qu'assimiler le parlement actuel à un parlement de fortune, relève de la pure manipulation des faits car c'est en toute liberté que les populations ont exprimé leurs suffrages en faveur de personnalités qui ont, elles-mêmes, fait librement acte de candidature à cette fonction ;

3) Que ce titre à la Une constitue également une injure au peuple souverain de Côte d'Ivoire dont le parlement est l'émanation ;

4) Que revêt une gravité particulière, les allégations non démontrées portées contre des officiers supérieurs et officiers généraux de l'Armée Nationale, lesquels sont traités de cambrioleurs et d'assassins n'ayant même pas le niveau d'instruction de l'école primaire ;

5) Que ces écrits sont non seulement injurieux, mais recèlent en outre un tel mépris qu'ils constituent une atteinte à l'éthique sociale ;

6) Qu'en ce qui concerne le président de l'Assemblée Nationale, monsieur SORO Guillaume, il est dépeint dans des termes injurieux qui constituent un outrage intolérable, sanctionnée par la loi sur la presse, au Président d'Institution qu'il est.

7) Qu'enfin, traiter le Président de la République dans les termes mentionnés plus haut constitue une offense intolérable à son encontre et dénote clairement de la volonté du quotidien « Aujourd'hui » d'inscrire sa pratique professionnelle dans les invectives et les injures ;

8) Que les nombreuses sanctions de toute nature, infligées à ce quotidien au regard des graves violations de la Loi n°2004-643 du 14 décembre 2004  et du Code de Déontologie de la profession de Journaliste régulièrement relevées à son encontre, démontrent amplement que ce journal n'entend véritablement pas s'inscrire dans la perspective d'une pratique professionnelle du Journalisme ;

Article 3 : Décide, en conséquence de ce qui précède
1) La suspension du quotidien  Aujourd'hui  édité par Les Editions Aujourd'hui SUARL pour douze (12) parutions, conformément aux articles 47 et 70 de la loi du 14 décembre 2004 portant Régime Juridique de la Presse.

2) Les Editions Aujourd'hui SUARL, société éditrice du quotidien Aujourd'hui disposent d'un délai de trente (30) jours à compter de la notification de la présente décision pour saisir la Juridiction Administrative compétente.

Article 4
Il est fait défense à tout imprimeur, d'imprimer sous quelque forme que ce soit (édition spéciale ou autre) le quotidien  Aujourd'hui pendant la durée de la mesure de suspension.


Article 5
La présente décision qui prend effet dès sa notification aux Editions Aujourd'hui SUARL sera publiée au Journal Officiel de la République de Côte d'Ivoire et sur tous les supports officiels.

                                        Fait à Abidjan, le 15 mars 2012
                                                        Pour le CNP
                                                         Le Président

                                                      Eugène DIE KACOU










 
CONSEIL NATIONAL DE LA PRESSE (CNP)
COCODY LES DEUX PLATEAUX 7ème tranche, angle feux tricolores.
A 50 mètres de la Direction générale des impôts

BP V 106 Abidjan - Tél : 00(225) 22 52 04 52 / Fax : 00(225) 22 52 05 04
E-mail : conseilnationaldelapresse@yahoo.fr
Site-web: www.lecnp.com - © 2007 - 2017 CNP